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Une semaine après son élection, comme tous les nouveaux présidents, Emmanuel Macron, le 8ème président de la Vème république, a tenu son discours d’investiture le 14 mai 2017 à l’Élysée.
Une cérémonie d’investiture est une cérémonie formelle au cours de laquelle un individu endosse des fonctions ou une position d’autorité et de pouvoir. Ici, on parle de l’investiture du président lors d’une passation de pouvoir. Le discours du nouveau président se tient au palais de l’Élysée, dans la salle de fête pleine de politiciens et de journalistes. Ces derniers forment le public physique et se tiennent derrière un cordon rouge. Son discours est filmé et rediffusé en direct sur les chaînés de télévision afin que tous les français puissent le regarder.
Avant de se plonger dans la vidéo et son analyse sémiotique, il nous semblait évident de nous poser la question suivante: En quoi le président s’approprient-ils les codes de la cérémonie d’investiture pour faire passer un message ?
Nous parlerons donc du discours du Président de la République puis de sa diffusion, c’est à dire sa portée, à travers les mécanismes audiovisuels utilisés, son élocution, son discours, le fond, et nous feront une comparaison avec ses prédécesseurs. Tout en évoquant aussi le cadre. Nous avons donc choisi de se concentrer sur l’extrait d’une minute quinze, à partir de la troisième minute.
En premier lieu, cette cérémonie est considérée comme une cérémonie de couronnement. De ce fait on y retrouve les codes de ce couronnement : une périodicité fixe, tous les cinq ans en début de mandat en France. Les règles d’investiture sont les mêmes au fil du temps avec donc un grand héritage traditionnel. Ces règles traditionnelles sont perpétuées à chaque investiture du nouveau président et établissent un cadre bien précis et connu de tous pour l ‘événement. Le rôle de l’acteur principal, c’est-à-dire le président, est d’incarner ces règles. Le public détient lui aussi un rôle, celui de la validation. Et il est important de souligner qu’il n’y a pas de présentateur.
En effet, dans la vidéo, on comprend rapidement que tout est centré sur les paroles du président. Il n’y a pas d’autres bruits que les paroles du nouveau président, la salle est très calme, en accord avec le ton d’Emmanuel Macron. Dans son discours, il énumère de manière solennelle ses directives ainsi que les engagements qu’il compte prendre lors de son mandat. Les points concernant l’Europe sont renforcés non seulement dans le discours mais également par analogie visuelle avec le drapeau en arrière-plan. La locution est articulée et soignée, dans un but d’accessibilité. Il s’adresse à tous les français ayant voté ou non pour lui, ainsi qu’aux personnes politiques présentes dans la salle. On remarque toutefois que la dynamique et l’effet de force recherché du discours sont tempérés par la lecture ponctuelle du texte déjà écrit qui lui fait baisser les yeux.
Le cadre de la vidéo est quant à lui composé de différents plans rigoureusement agencés autour du président qui parle de son pupitre, celui qu’il a utilisé pendant ses discours avant son élection. Ce pupitre reprend les couleurs de la France et a une valeur symbolique et sentimentale, il représente Macron qui, bien que désormais président, reste fidèle à lui-même. Puis on a un plan côté gauche qui le montre le en premier plan avec le grand collier de la légion d’honneur posé sur une table, dans un coffret rouge, couleur qui revient énormément, et on perçoit une partie du public, derrière un cordon, rouge lui aussi. Ensuite on a un plan simple du nouveau président où on peut percevoir deux drapeaux cote à coté qui se fond presque l’un en l’autre : celui de la France et celui de l’union européenne, faisant référence à son discours et à son programme pro-européen.
La caméra ne reste pas statique, elle bouge assez souvent pour insuffler une certaine à la cérémonie, ainsi à des plans rapprochés des politicien membres du public se succèdent des plans en plongé de la salle. La salle en entier est dès lors offerte au regard et notamment le public, la légion d’honneur, les tableaux présents, l’intérieur du palais, tous ces détails qui sont pris en compte par l’équipe de communication du président. On aperçoit aussi la femme du président.
La colorimétrie n’est guère anodine. Ainsi, la couleur rouge est omniprésente dans le premier plan du discours: le sol, les rideaux, mêmes les tableaux contiennent des traces de rouge. En occident le rouge est connu pour être signe de pouvoir et de souveraineté, c’est la couleur qu’on retrouve chez les rois français par exemple. Quant à Emmanuel Macron, il se tient derrière son pupitre, habillé d’un simple costume noir, l’air solennel et sans sourire une seule fois pendant ces douze minutes. Sa femme est à sa gauche, en tailleur bleu ciel, c’est d’ailleurs la seule personne présente à porter un vêtement clair. Si elle n’est pas filmée en gros plan, elle est montrée intentionnellement pour illustrer sa présence et son soutien à son mari. Un mariage heureux en politique plaît toujours.
En conclusion, on peut observer une cérémonie très formelle où tout met au centre le discours du président. Les différents codes et le cadre spécifique ont permis à Emmanuel Macron d’ériger un message de confiance aux français ainsi qu’au monde entier.
Plusieurs photos de la même installation artistique circulent sur les réseaux. Les angles sont différents, on zoom, on s’éloigne mais il s’agit bien de la même installation. La silhouette d’un homme, puis celle de deux enfants recouvert par une couverture de survie. Les trois personnes portent des gilets de sauvetages, l’adulte tient dans sa main un passeport. En se rapprochant, on remarque qu’ils ne possèdent pas de visage, juste un miroir qui reflète la personne qui contemple l’installation.
Retrouver l’artiste derrière cette dernière ne fut pas facile, l’oeuvre n’étant pas signée. Les touristes postent cependant une adresse à Rome. L’oeuvre fait le tour de la toile, les français et européens appréciant un peu plus l’idée puisqu’il semblerait s’agir de notre quotidien depuis quelques années, il y a donc une dimension d’identification.
Quelques semaines plus tard un site italien écrit sur la statut. L’auteur est révélé, il s’agit de Marco Canz, un italien lui aussi.
Le passage d’un média à un autre a permis l’identification de l’artiste ainsi que des informations supplémentaires sur lui mais aussi sur l’oeuvre ci dessus. En se plongeant dans son univers, le message devient plus évident. On peut donc se demander quel rapport cette image entretient-elle avec la réalité?
En s’entretenant avec l’artiste italien Marco Canz, il exprime une position dans ses travaux. Il ne s‘inquiète pas de voir son installation reprise par les journaux ou sur des médias, pour lui « partager des messages positifs n’a pas de droit d’auteur ». Il trouve du réconfort dans l’idée que ses oeuvres, souvent disposées dans les rues de Rome, interpelleront peut-être quelqu’un. En tant que père, il se dit sensible au sort des réfugié(e)s qui chaque jour essayent de rejoindre l’Italie. L’empathie anime son installation, c’est pourquoi on retrouve un miroir à la place des visages des réfugié(e)s. On se regarde, et de cela découlent de nombreuses interprétations. On retrouve l’idée que nous pouvons nous retrouver à leur place à tout moment, ce qui nous aide à nous rapprocher mais aussi que nous sommes responsables si nous détournons le regard à la réalité qui nous entoure. Notre reflet doit être une prise de conscience.
La rue a elle aussi plusieurs fonctions. Les réfugié(e)s s’y retrouvent après leur arrivée, ne pouvant s’installer dans les pays où ils se trouvent. C’est le coté réaliste de l’oeuvre mais on comprend aussi que derrière cela, l’idée que des gens peuvent exprimer leur interprétation, échanger, partager est la deuxième raison pourquoi cette installation est dans la rue. Marco Canz récolte les témoignages en discutant avec les touristes et les habitants. La rue encourage le dialogue entre personnes.
Enfin, cette oeuvre peut être vu comme un clin d’oeil à Alan Kurdi, l’enfant syrien découvert mort sur une plage turque en 2015. La traversée est dangereuse, en ajoutant deux silhouettes enfantines, on rappelle aux passants que ceci est la réalité de nombreux enfants, si ils réussissent à traverser la Méditerranée. Le besoin de transmettre et faire ressentir des émotions dans l’art est important, on retrouve le même besoin ici pour sensibiliser, si ce n’est qu’il n’est plus fort puisqu’on veut aussi pousser à l’engament.
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